Et si vos vieux pneus de vélo pouvaient devenir la pièce la plus originale de votre look ? C’est le pari qu’a relevé Hubert Motte en fondant La Vie est Belt en 2017 à Roubaix : transformer des déchets voués à être brûlés en accessoires uniques, fabriqués à la main par des artisans en situation de handicap. Une marque qui ne se contente pas de recycler la matière, elle recycle aussi l’idée même d’un modèle économique juste.
| Pressé·e ? Voici l’essentiel | |
| 🌍 Pays d’origine | France (Roubaix, Hauts-de-France) |
| 📅 Année de création | 2017 |
| 👕 Spécialité | Ceintures et accessoires upcyclés |
| 🌱 Matières phares | Pneus de vélo et de voiture recyclés, tuyaux de lance-incendie, cordes d’escalade, linge de maison de seconde main |
| 🏭 Lieux de production | La Belterie (Roubaix) et AlterEos (Tourcoing), moins de 200 km de rayon |
| ✅ Certifications | Aucune certification officielle mode ; partenaire AlterEos (ESUS, certifié AFNOR) |
| 💰 Gamme de prix | €€ |
| 💚 Notre avis Cortika | ⭐⭐⭐⭐ (4/5) |
| 🛒 Où acheter | lavieestbelt.fr |
Table des matières
L’histoire de La Vie est Belt
En 2017, Hubert Motte a 23 ans, un bagage d’ingénieur produit chez Décathlon et un souvenir qui ne le quitte pas : lors d’un voyage en Colombie, il a été frappé par la misère des bidonvilles de Bogotá, et par la capacité des habitants à faire de tout, des riens. De retour en France, il s’enferme dans la cave de sa colocation à Lille, rue Montebello, avec un pneu de vélo crevé et quelques outils. La première ceinture naît là, artisanale, imparfaite, et déjà pleine de sens.
Le nom est un jeu de mots assumé : « la vie est belle » en français, et « belt » qui signifie ceinture en anglais. Un clin d’œil léger pour un projet exigeant : prouver qu’on peut lancer une entreprise à impact avec 300 euros, sans investisseur ni banque, avec des déchets comme seule matière première. Le bouche-à-oreille fait le reste : en un an, 1 000 ceintures sont produites, la marque intègre 40 boutiques Cyrillus et accumule une trentaine d’apparitions médiatiques.
Sept ans plus tard, La Vie est Belt a ouvert La Belterie, son atelier-QG à Roubaix, ouvert au public. La marque a dépassé 20 000 ceintures vendues, noué des partenariats avec Jules (400 magasins), Décathlon et les équipes du Tour de France, et s’est présentée sur le plateau de « Qui veut être mon associé ? ». Une belle histoire de résilience nordiste.
Les engagements de La Vie est Belt
Des déchets comme matière première : l’upcycling au cœur du projet
Chez La Vie est Belt, la matière première ne se commande pas : elle se collecte. Les pneus de vélos usagés arrivent des déchetteries locales, des ateliers de réparation de la métropole lilloise (comme les Mains dans le Guidon, fournisseur historique), des magasins Décathlon de la région, et même directement des fabricants comme Michelin et Hutchinson pour leurs stocks dormants et rebuts de production. Chaque pneu subit peu de transformations : il est découpé en bandes, nettoyé, puis taillé à l’emporte-pièce avant d’être assemblé à la presse manuelle. Résultat : des accessoires 100 % vegan, dont les motifs sont directement issus de l’usure du pneu. Chaque pièce est donc strictement unique.
Au fil des années, La Vie est Belt a élargi sa palette de matières. Les tuyaux de lances à incendie, récupérés auprès du Service Départemental d’Incendie et de Secours du Nord, donnent des ceintures à la texture industrielle avec leurs inscriptions de traçabilité conservées. Les cordes d’escalade et le linge de maison de seconde main complètent l’offre, ces derniers renaissant en caleçons originaux. La règle est simple : plus de 10 millions de pneus de vélos sont brûlés chaque année en Europe ; autant en faire quelque chose.
Un atelier solidaire ancré dans son territoire
La fabrication de La Vie est Belt ne quitte pas les Hauts-de-France. Tout est confectionné à la main dans La Belterie, l’atelier solidaire de Roubaix, ou chez AlterEos, entreprise adaptée de Tourcoing qui emploie des personnes en situation de handicap et bénéficie du statut ESUS (Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale). C’est là que sont formés et employés les artisans qui découpent, assemblent et finissent chaque accessoire. Ce partenariat n’est pas un alibi social : il est la colonne vertébrale du projet depuis ses débuts.
La marque recrute et forme également des personnes éloignées de l’emploi, avec des acteurs locaux du territoire. Tous les fournisseurs et lieux de production sont dans un rayon de moins de 200 km autour du siège roubaisien. L’atelier est ouvert au public, et des sessions de fabrication participative permettent à quiconque de créer sa propre ceinture en deux heures, encadré par l’équipe.
Impact environnemental : l’économie circulaire par les actes
La Vie est Belt n’affiche pas de bilan carbone chiffré ni de certification environnementale type Oeko-Tex ou GOTS, ce qui mérite d’être signalé. En revanche, son modèle repose entièrement sur la revalorisation de déchets qui seraient autrement incinérés. Chaque tonne de caoutchouc transformée évite les gaz toxiques liés à la destruction des pneumatiques. L’empreinte de transport est quasi nulle, la collecte et la production restant dans un périmètre régional. Ce n’est pas un modèle parfait sur le papier des certifications, mais il est profondément cohérent dans ses actes.
Les collections La Vie est Belt
La gamme s’articule autour de plusieurs familles issues de matières récupérées. Les ceintures restent la pièce maîtresse : en pneu de vélo (fine 2,5 cm ou large 3,2 cm), en pneu de voiture ou en tuyau de lance-incendie, elles se portent sur jean ou chino. Les boucles sont en zamac sans nickel, les finitions soignées. Les prix vont de 32 à 79 euros. Une boucle automatique multi-tailles (du XS au XXL) équipe plusieurs modèles.
Les caleçons upcyclés, cousus dans des draps ou du linge de maison, complètent la collection avec leurs motifs uniques. Les nœuds papillons en chambre à air, les porte-clés et les laisses pour chien font de parfaits cadeaux originaux. Des séries spéciales en partenariat avec les équipes du Tour de France ont produit des pièces estampillées collector.
Notre avis Cortika : 4/5
Les points forts ✅
- Upcycling radical et cohérent : 100 % de la matière provient de déchets qui seraient détruits
- Impact social concret : emploi de personnes en situation de handicap et de personnes éloignées de l’emploi, via AlterEos (ESUS)
- Circuit ultra-court : collecte et production dans un rayon de moins de 200 km, tout en Hauts-de-France
- Produits 100 % vegan, sans cuir ni matière animale
- Chaque pièce est unique grâce aux motifs naturels du pneu d’origine
- Marque transparente sur son histoire, sa fabrication et ses partenaires
Les points d’amélioration ⚠️
- Aucune certification officielle mode (pas d’Oeko-Tex, GOTS ou équivalent) : les engagements restent auto-déclarés du côté de la composition
- Gamme de produits encore limitée, principalement axée sur les accessoires pour homme
- Disponibilité restreinte chez les revendeurs en ligne (WeDressFair indiquait ne pas avoir de stock en 2024)
Pour qui ?
La Vie est Belt s’adresse à celles et ceux qui veulent un accessoire qui raconte une vraie histoire, pas un logo. C’est la marque parfaite pour les curieux de mode circulaire, les fans d’objets uniques et les consommateurs qui tiennent autant à l’impact social qu’à l’impact écologique. Si vous cherchez une ceinture originale, durable et fabriquée à 200 km de chez vous (si vous êtes dans le Nord), difficile de faire mieux.
Où acheter La Vie est Belt ?
Site officiel : lavieestbelt.fr
Boutique physique :
La Belterie, atelier-boutique à Roubaix (Nord), ouvert au public, visites et ateliers DIY sur demande.
Multi-marques éthiques :
Check Planet (Paris 12e), Chez Hersée (Paris 9e), L’Impériale.
Prix moyens
- Porte-clés et petits accessoires : à partir de 5€
- Ceintures en pneu de vélo : 32 à 57€
- Ceintures en lance-incendie ou voiture : 57 à 79€
- Caleçons upcyclés : autour de 39€
Les alternatives à La Vie est Belt
Si vous aimez La Vie est Belt, voici trois marques françaises à l’ADN similaire que nous avons sélectionnées pour vous :
Bobo Paris : Mode upcyclée 100 % parisienne, créée à partir de stocks dormants de grandes maisons de couture et de vêtements de seconde main. Même esprit de revalorisation textile, mais orienté prêt-à-porter (chemises, robes, vestes) plutôt qu’accessoires.
Maison Cléo : Confectionnée à Lille à partir de tissus de maisons de couture françaises, cette marque nordiste partage avec La Vie est Belt l’ancrage territorial dans les Hauts-de-France et la philosophie du « produire moins mais mieux ». L’univers est plus féminin et vintage.
1083, Le spécialiste du jean 100 % made in France propose également des ceintures fabriquées en France, pour celles et ceux qui veulent assortir leur ceinture à un vestiaire intégral de production française et responsable.
Notre verdict sur La Vie est Belt
La Vie est Belt, c’est la preuve qu’une grande idée peut naître dans une cave avec 300 euros et un pneu crevé. Ce qui touche le plus, c’est la cohérence totale : déchets collectés dans la région, artisans formés sur place, atelier ouvert à tous. Pas de greenwashing possible quand on peut venir voir comment votre ceinture est fabriquée à Roubaix. Si vous cherchez un accessoire qui a du sens, unique, et qui soutient un vrai projet humain, La Vie est Belt mérite votre attention.




