WeDressFair : la marketplace qui fait le tri dans la mode éthique

En 2018, Marie Nguyen et Antoine Coulaud en ont assez de dénicher de belles marques responsables en huitième page de Google. Alors avec Kévin Chavanne, ils fondent WeDressFair, une plateforme lyonnaise qui rassemble des centaines de vêtements et de marques triés sur le volet selon une charte publique et exigeante. Ici, pas de collection maison à défendre à tout prix : WeDressFair joue le rôle de tiers de confiance entre les marques engagées et les consommateurs qui ne veulent plus se laisser berner par le greenwashing.

Pressé·e ? Voici l’essentiel

🌍 Pays d’origineFrance (Lyon)
📅 Année de création2018
👕 SpécialitéMarketplace multimarques de mode éthique (femme, homme, enfant)
🌱 Matières pharesCoton bio GOTS, matières recyclées (GRS), tencel, laine et cuirs certifiés selon les marques
🏭 Lieux de productionVariable selon les marques sélectionnées (France, Europe majoritairement, autres zones sous garanties renforcées)
✅ CertificationsStatut ESS (Économie Sociale et Solidaire) ; charte propre exigeant GOTS, Fair Wear Foundation, Fair Trade, SA8000, PETA ou RWS pour les marques référencées
💰 Gamme de prix€€ à €€€
💚 Notre avis Cortika⭐⭐⭐⭐ (4/5)
🛒 Où acheterSite officiel, boutiques à Paris et à Lyon

L’histoire de WeDressFair

Tout commence par une frustration partagée. Marie Nguyen, alors en reconversion après un passage par la recherche et le monde associatif, cherche des vêtements responsables et se heurte à un mur : les marques existent, mais elles sont noyées derrière les géants du marketing. Avec Antoine Coulaud, elle décide de créer l’outil qui manquait. Le duo rejoint en 2017 la promotion Ticket for Change, une structure qui accompagne les entrepreneurs sociaux, et affine son projet avant de le lancer officiellement en janvier 2018 à Lyon. Kévin Chavanne, directeur technique, rejoint l’aventure pour construire la plateforme.

Au départ pensé comme une pure marketplace avec commission sur les ventes, le modèle évolue vite : de nombreuses marques responsables ne peuvent pas suivre la logistique d’une marketplace classique. WeDressFair bascule alors vers un modèle hybride, mêlant marketplace et distribution classique, où la plateforme achète et revend elle-même une partie du catalogue via ses boutiques physiques à Paris et à Lyon. L’entreprise a inscrit dans ses statuts les principes de l’économie sociale et solidaire dès sa création, une démarche rendue possible par la loi Hamon de 2014. En 2022, une levée de fonds de 2 millions d’euros permet d’accélérer l’élargissement du catalogue, alors fort d’environ 150 marques et 6 000 références produits.

Les engagements de WeDressFair

Une charte de sélection en trois piliers

WeDressFair ne fabrique pas ses vêtements : sa valeur ajoutée tient dans le tri qu’elle opère avant d’accepter une marque sur sa plateforme. Sa charte publique repose sur trois critères. Le respect de l’homme d’abord, avec l’exigence que chaque atelier respecte les fondamentaux de l’Organisation Internationale du Travail, où qu’il se trouve dans le monde. L’attention à la planète ensuite, qui impose que chaque vêtement soit composé à minima de 90% de matières éco-responsables, le seuil de 100% n’étant pas toujours atteignable pour des raisons techniques sur certaines matières. Enfin, l’intégrité et les valeurs, qui demandent qu’au moins 75% de la collection d’une marque soit composée de pièces responsables pour qu’elle soit référencée.

Des preuves plutôt que des promesses

Pour valider une marque, WeDressFair réclame des documents de traçabilité concrets, comme les factures liant une marque à ses usines. Dans les pays classés à risque en matière de droits humains, l’équipe exige en plus des labels reconnus : Fair Wear Foundation, Fair Trade, GOTS, WFTO ou SA8000. Le label BSCI, jugé moins exigeant, n’est accepté que comme un préalable vers une certification supérieure. Cette rigueur documentaire est justement ce qui distingue WeDressFair d’un simple annuaire de marques qui se disent engagées sans preuves à l’appui.

Un fonctionnement cohérent avec ses valeurs

La cohérence ne s’arrête pas au choix des marques. Les boutiques et les bureaux de WeDressFair fonctionnent à l’électricité renouvelable fournie par Enercoop. Le packaging d’expédition est pensé recyclable et compostable, même si l’entreprise reconnaît encore utiliser des blisters plastiques, recyclés ou réutilisés faute de meilleure alternative pour l’instant. Sa boutique parisienne est également partenaire réparateur de Nudie Jeans, pour prolonger la durée de vie des jeans plutôt que d’inciter au rachat. Ce sont des détails, mais Cortika apprécie que la marque les partage ouvertement, y compris ses propres points d’amélioration.

Les collections WeDressFair

Sur la plateforme, on retrouve du prêt-à-porter femme et homme, des chaussures, des accessoires et des sacs, avec une offre enfant qui s’est étoffée ces dernières années. Le catalogue mélange des marques déjà bien identifiées de la mode responsable, comme Veja, Nudie Jeans, Thinking Mu, Armedangels ou Patagonia, et des créateurs plus confidentiels comme Odaje, Langbrett ou Zèta Shoes. WeDressFair a aussi développé sa propre petite collection de vêtements éco-responsables fabriqués en Europe, en complément de sa sélection multimarques. Le style général reste assez large : basiques du quotidien, pièces de working girl, denim, sport ou maillots de bain, de quoi habiller un vestiaire complet sans changer de plateforme.

Au-delà de la vente, WeDressFair alimente aussi un média avec des contenus pédagogiques fournis : décryptage des labels, explication des étapes de fabrication d’un vêtement, dossier sur les salaires dans le textile. C’est un vrai plus pour les lectrices et lecteurs qui veulent comprendre ce qu’ils achètent, et pas seulement acheter.

Notre avis Cortika : 4/5

Les points forts

  • ✅ Charte de sélection publique, précise et exigeante (90% de matières responsables minimum, 75% de la collection concernée)
  • ✅ Vérification documentaire réelle des marques, pas de simple déclaration d’intention
  • ✅ Statut ESS inscrit dans les statuts depuis la création
  • ✅ Catalogue large qui couvre femme, homme et enfant, du basique à la pièce plus travaillée

Les points d’amélioration

  • ⚠️ WeDressFair reste une plateforme de curation et de distribution, pas un fabricant : sa transparence dépend en partie de celle des marques qu’elle référence
  • ⚠️ Packaging encore partiellement en plastique, un point que la marque reconnaît elle-même vouloir améliorer

Pour qui ?

WeDressFair s’adresse à celles et ceux qui veulent construire une garde-robe responsable sans passer des heures à vérifier chaque étiquette. Si vous cherchez un point d’entrée unique vers des dizaines de marques déjà validées sur des critères sociaux et environnementaux sérieux, c’est une adresse fiable. Les habitants de Paris et de Lyon profitent en plus de deux boutiques physiques pour essayer avant d’acheter.

Où acheter chez WeDressFair ?

Site officiel : wedressfair.fr

Boutiques physiques en France : une boutique à Paris (10e arrondissement) et une boutique à Lyon.

Conditions : paiement en 3x ou 4x sans frais, livraison offerte dès 150€ d’achat en France et en Belgique, retours possibles sous 30 jours.

Prix moyens

Non communiqué de façon globale, la fourchette dépendant fortement des marques présentes sur la plateforme, du basique en coton bio à la pièce technique outdoor.

Les alternatives à WeDressFair

Si vous aimez l’approche curatoire de WeDressFair, ces plateformes françaises de mode responsable devraient aussi vous plaire :

Altermundi (France) – e-shop qui regroupe plus de 100 marques et créateurs éthiques, de la mode à l’accessoire, dans le même esprit de sélection engagée.

Notre verdict sur WeDressFair

WeDressFair a le mérite de la clarté : une charte publique, des critères chiffrés, et une vraie volonté de prouver plutôt que déclarer. On aime aussi que l’entreprise partage ses propres points d’amélioration, comme son packaging encore perfectible. Ce n’est pas une marque au sens classique, mais un filtre de confiance dans un marché saturé d’appellations floues. Pour qui veut acheter responsable sans y consacrer ses soirées, c’est une très bonne porte d’entrée.