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Histoire et origine de la slow fashion : comprendre un mouvement durable

découvrez la slow fashion, un mouvement éthique et durable qui privilégie la qualité, la consommation responsable et la préservation de l'environnement dans le secteur de la mode.

Des tee-shirts à 5 euros, portés trois fois puis oubliés, pendant que des montagnes de vêtements enfouis à ciel ouvert apparaissent aux portes des villes : cette scène est devenue tristement banale. Face à ce modèle essoufflé, un autre récit s’écrit, plus lent, plus ancré, qui remet du sens dans chaque couture. Il ne s’agit pas d’une tendance de plus, mais d’un changement de paradigme qui questionne notre rapport aux vêtements, au temps et aux ressources.

Ce mouvement, c’est celui de la slow fashion, une forme de résistance douce à la surproduction textile. En retraçant son histoire et son origine, on comprend qu’il ne se limite pas à une poignée de marques engagées, mais qu’il s’inscrit dans une vaste transformation culturelle vers la durabilité et la consommation responsable. Derrière ce terme, il y a des ouvrières du Bangladesh, des tisserands d’Occitanie, des designers qui refusent de céder à la course au neuf, et des consommateurs qui décident de faire autrement. C’est cette révolution silencieuse que cet article propose d’explorer pour vous aider à repenser votre dressing comme un véritable espace d’engagement.

Pressé(e) ? Voici l’essentiel :
1. La slow fashion est née en réaction à la fast fashion et défend une mode durable, plus lente et respectueuse des humains, des animaux et de la planète.
2. L’industrie textile pourrait représenter près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 si rien ne change, d’où l’urgence d’une transition écologique.
3. Concrètement, la slow fashion promeut des vêtements de meilleure qualité, fabriqués localement, réparables et pensés dans une logique d’économie circulaire.
4. Un geste simple dès aujourd’hui : acheter moins, mais mieux, et commencer par porter et réparer ce que vous avez déjà.
5. Pour approfondir, vous pouvez explorer la définition détaillée de la mode lente et nos décryptages sur Cortika.

Naissance de la slow fashion : contexte historique et prise de conscience

Pour comprendre l’origine de la slow fashion, il faut revenir aux années 1990, lorsque la fast fashion s’impose comme nouveau standard. Des enseignes multiplient les collections, cassent les prix et banalisent l’idée qu’un vêtement peut être jeté presque aussi vite qu’il est acheté. Derrière cette apparente démocratisation de la mode, le coût réel se paie ailleurs : dans les usines textiles, dans les sols saturés de pesticides, dans les rivières colorées par les teintures.

C’est dans ce contexte que des voix commencent à s’élever. En 2007, la chercheuse britannique Kate Fletcher forge l’expression « slow fashion », inspirée du mouvement slow food qui, dès les années 1980, s’opposait à la restauration rapide. L’idée centrale est simple mais radicale : si l’on ralentit la manière de produire et de consommer les vêtements, on peut restaurer un lien plus sain avec la planète et les travailleurs. Cette vision marque une rupture avec l’idée de croissance infinie appliquée à la mode.

Quelques années plus tard, en 2012, la journaliste Elizabeth L. Cline publie « Overdressed: The Shockingly High Cost of Cheap Clothing ». Elle y décortique l’envers du décor des vêtements bon marché : matières synthétiques issues de la pétrochimie, exploitation d’une main-d’œuvre sous-payée, réduction des déchets inexistante, émissions carbone colossales. Ce travail contribue à populariser, notamment dans le monde anglophone, la nécessité d’un autre modèle.

Mais c’est en 2013, avec l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh, que l’opinion publique est profondément choquée. Plus de 1 100 ouvrières et ouvriers meurent dans le crash d’un immeuble abritant plusieurs ateliers de confection travaillant pour des marques mondiales. Ce drame agit comme un électrochoc. Il met en lumière l’écart abyssal entre les beaux discours marketing et la réalité vécue par celles et ceux qui fabriquent nos vêtements. À partir de là, la mode éthique sort du cercle militant pour gagner les conversations du grand public.

Dans ce paysage, la slow fashion apparaît comme une réponse structurée : ralentir les cadences, produire moins, mais mieux, respecter la dignité humaine. Des mouvements citoyens se créent, comme Fashion Revolution, qui invite à poser une question simple aux marques : « Who made my clothes ? ». Cette interpellation directe réinstalle l’humain au cœur de la chaîne de valeur.

En France, l’expression reste moins connue que « mode responsable » ou « mode durable », mais ses principes s’infusent partout. Des marques locales misent sur le made in France, sur les circuits courts, sur la transparence. Des glaciers de vêtements de seconde main apparaissent en ligne et dans les quartiers. Des ateliers de couture se remplissent à nouveau. La histoire de la slow fashion se joue ainsi entre prises de conscience individuelles, scandales industriels et émergence de nouvelles pratiques.

Au fond, ce mouvement n’invente pas l’idée de vêtement durable : il remet au goût du jour une sagesse que nos grands-parents appliquaient déjà, quand l’artisanat local et la réparation faisaient partie du quotidien. La nouveauté, c’est de l’articuler à l’urgence climatique et sociale du XXIe siècle, avec des outils modernes de communication et de mobilisation.

De la mode jetable au vêtement-compagnon

La transformation ne se limite pas à des changements techniques dans les usines. Elle touche aussi notre imaginaire. Pendant des décennies, la publicité a associé le bonheur au fait de renouveler sans cesse sa garde-robe. La slow fashion propose un autre récit : celui du vêtement-compagnon, que l’on garde des années, que l’on répare, que l’on transmet.

Cette évolution se retrouve par exemple dans le succès des capsules de garde-robe : quelques pièces de qualité, bien coupées, que l’on peut assortir entre elles. Elle se manifeste aussi dans la montée en puissance des solutions de revente, de location et de recyclage textile. En redonnant de la valeur à ce qui existe déjà, la slow fashion s’attaque au cœur du problème : la surabondance.

L’essor de ce mouvement illustre un changement profond : la mode cesse progressivement d’être uniquement un outil de distinction sociale pour devenir un terrain d’engagement. Choisir une marque transparente, privilégier un atelier local ou une pièce en lin français n’est plus anecdotique ; c’est une manière de voter avec son portefeuille. C’est ce glissement, discret mais puissant, qui ancre durablement la slow fashion dans le paysage contemporain.

Comprendre la slow fashion : principes, valeurs et différences avec la fast fashion

Pour saisir la force de la slow fashion, il est utile de la comparer clairement avec la fast fashion. D’un côté, un modèle basé sur la vitesse, le volume et la baisse permanente des prix. De l’autre, un système qui valorise le temps, la qualité et la durabilité. Ces deux visions coexistent aujourd’hui, mais obéissent à des logiques diamétralement opposées.

La fast fashion repose sur plusieurs piliers : collections renouvelées presque chaque semaine, matières synthétiques bon marché, production délocalisée dans des pays où les normes sociales et environnementales sont faibles, incitation permanente à l’achat impulsif. Résultat : un vêtement est porté en moyenne de moins en moins longtemps, tandis que les déchets textiles explosent. Les études montrent que le secteur de la mode émet plus de CO₂ que les vols internationaux et le trafic maritime réunis, et pourrait atteindre jusqu’à 26 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici 2050 si rien ne change.

À l’inverse, la slow fashion défend une mode durable qui se base sur quelques principes structurants. Elle privilégie la qualité à la quantité : un jean bien conçu, en toile robuste, réparable, plutôt que trois jeans fragiles qui se déchirent en un an. Elle favorise des matières plus responsables : lin, chanvre, coton biologique, laine paysanne, lyocell, ou encore fibres recyclées. Elle s’inscrit dans une logique d’économie circulaire de la mode durable, où chaque étape du cycle de vie du produit est pensée pour limiter les impacts.

Pour rendre ces différences plus lisibles, on peut les résumer ainsi :

AspectFast fashionSlow fashion
Rythme de productionCollections en continu, rythme effrénéCollections limitées, tempo saisonnier ou à la demande
MatièresFibres synthétiques, coton conventionnelFibres naturelles, bio, recyclées ou upcyclées
PrixTrès bas à l’achat, coût caché élevéPrix juste, investissement dans la durée
Conditions de travailPression sur les coûts, risques sociaux élevésRespect des normes sociales, meilleure traçabilité
Fin de vieJetable, fin de série détruite ou enfouieRéparation, revente, don, recyclage en boucle fermée

Derrière ces caractéristiques, se cachent des valeurs claires : respect des personnes, sobriété dans l’usage des ressources, réduction des déchets, protection de la biodiversité. Une marque slow fashion expliquera pourquoi elle choisit tel atelier, comment elle rémunère ses partenaires, et quels leviers elle actionne pour limiter son empreinte carbone. Cette transparence fait partie intégrante du contrat de confiance avec le consommateur.

La slow fashion ne se réduit pourtant pas aux vêtements neufs. Elle inclut aussi toutes les pratiques qui permettent d’étendre la durée de vie des produits : seconde main, réparation, upcycling, location. Acheter une chemise vintage, recoudre un bouton, transformer un jean troué en short ou en sac, tout cela relève d’une même philosophie. Celle qui consiste à considérer un vêtement comme une ressource précieuse, pas comme un déchet potentiel.

Une différence d’état d’esprit avant d’être une étiquette marketing

Il est tentant pour une marque d’apposer le terme « responsable » ou « green » sur ses étiquettes sans changer en profondeur son modèle. La slow fashion invite au contraire à une cohérence globale. Elle questionne le nombre de références proposées, les marges, la manière de communiquer. Il ne s’agit pas seulement de lancer une collection « conscious », mais de revoir le système dans son ensemble.

Côté consommateur, la différence se joue aussi dans la manière d’acheter. La fast fashion mise sur le réflexe : scroll sur un réseau social, clic, achat, oubli. La slow fashion demande un temps de réflexion : ai-je vraiment besoin de cette pièce ? Avec quoi vais-je la porter ? Qui l’a fabriquée ? Cet « arrêt sur image » redonne du pouvoir au geste d’achat, et permet d’aligner davantage son dressing avec ses valeurs.

En résumé, la slow fashion n’est pas seulement une alternative technique à la fast fashion. C’est une autre façon de regarder la mode, comme un langage qui peut soit nourrir un système destructeur, soit soutenir une transition écologique juste et désirable.

Des racines à aujourd’hui : comment l’histoire longue de la mode nourrit la slow fashion

Si le terme « slow fashion » est récent, le mouvement s’inscrit dans une histoire beaucoup plus longue, celle du vêtement comme bien durable. Pendant des siècles, la plupart des familles possédaient peu de pièces, mais fabriquées pour durer. Les habits se transmettaient, se reprisaient, se modifiaient au fil des générations. L’artisanat textile – tisserands, teinturiers, couturières – structurait la vie économique des villages et des villes.

Avec la révolution industrielle, puis l’essor de la production de masse au XXe siècle, ce rapport au temps se transforme. L’arrivée des fibres synthétiques et de la confection standardisée permet de réduire les coûts, mais éloigne le consommateur du processus de fabrication. Ce qui était rare devient abondant, ce qui était précieux devient interchangeable. La fast fashion n’a fait qu’accentuer ce mouvement en poussant l’accélérateur au maximum.

La slow fashion, elle, emprunte à la fois à cette mémoire de la durabilité et aux mouvements contemporains de la transition écologique. Elle se nourrit de l’héritage des savoir-faire textiles (la laine paysanne, la dentelle de Calais, le tissage du lin normand), tout en intégrant les innovations actuelles : teintures moins polluantes, tissus recyclés, plateformes numériques de revente. C’est cette hybridation entre passé et futur qui fait sa force.

Imaginons par exemple Léa, 28 ans, qui habite près de Toulouse. Elle découvre une petite marque locale qui travaille avec des éleveurs de brebis des Pyrénées et un atelier de tricot situé à 50 kilomètres de chez elle. Elle achète un pull en laine, un peu plus cher que ceux qu’elle trouve en grande enseigne, mais elle reçoit avec son achat une fiche expliquant l’itinéraire de la fibre : la tonte, le filage, la teinture, le tricotage. Ce récit, qui rappelle la logique d’autrefois, crée un lien émotionnel fort. Léa ne voit plus son pull comme un simple produit, mais comme l’aboutissement d’une chaîne humaine et territoriale.

Ce type d’expérience n’est pas isolé. Des marques comme 1083, par exemple, ont construit leur identité sur le fait de réaliser chaque étape de leurs jeans en France, et de publier les résultats de leurs calculs d’empreinte carbone. D’autres, comme Laines Paysannes, maîtrisent toute la chaîne, de la tonte à la confection. D’autres encore pratiquent l’upcycling, comme cette entreprise qui transforme des toiles de voiliers en sacs robustes. Chacune, à sa manière, reconnecte la mode à un territoire, à un rythme, à des visages.

Des mouvements cousins : slow food, DIY et économie circulaire

La slow fashion ne naît pas dans le vide. Elle est la sœur textile d’autres mouvements qui, eux aussi, contestent la logique du « toujours plus vite ». Le slow food, bien sûr, a ouvert la voie en valorisant une alimentation locale, de saison, issue d’une agriculture respectueuse. Mais on peut aussi citer le slow working, qui interroge notre rapport au travail, ou encore l’essor du DIY – Do It Yourself – qui incite à fabriquer soi-même, à reprendre la main sur les objets du quotidien.

Ces mouvements ont un point commun : ils remettent la notion de temps au centre. Prendre le temps de cuisiner, de coudre, de réparer, de choisir. Dans le cas de la mode, cela se traduit par l’apprentissage ou la redécouverte de gestes parfois oubliés : recoudre un ourlet, rapiécer un trou, transformer une chemise en top d’été. C’est aussi une porte d’entrée accessible à celles et ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter systématiquement des pièces neuves engagées.

La notion d’économie circulaire est également centrale dans cette évolution historique. Là où le modèle linéaire « produire–consommer–jeter » domine encore, la slow fashion promeut des boucles vertueuses : réparation, seconde main, reconditionnement, recyclage. Une robe qui a vécu dix ans chez une personne peut entamer une seconde vie dans un dépôt-vente, puis être transformée en accessoire, avant de finir, en dernier recours, dans une filière de recyclage de fibres.

Cette manière de penser, qui rappelle le bon sens des générations précédentes, est aujourd’hui soutenue par de nouvelles infrastructures : plateformes de vente de seconde main, ateliers de retouche collaboratifs, applications qui facilitent le don ou l’échange de vêtements. Ainsi, l’histoire de la slow fashion s’écrit à la croisée de traditions renouvelées et d’innovations sociales.

Ce retour vers une mode plus lente n’est pas un mouvement nostalgique. Il ne s’agit pas de renoncer à la créativité ou à la diversité des styles. Il s’agit plutôt de retrouver une forme d’alignement : entre le temps nécessaire pour produire un vêtement de qualité, le temps qu’on lui laisse pour vivre, et le temps dont la planète dispose pour régénérer ses ressources. En ce sens, la slow fashion ne regarde pas seulement en arrière ; elle propose une voie crédible pour habiller le futur.

Impacts sociaux et environnementaux : pourquoi la slow fashion est un mouvement durable

La slow fashion se présente souvent comme un « mouvement durable ». Concrètement, en quoi permet-elle de réduire l’empreinte sociale et environnementale de nos vêtements ? Pour répondre à cette question, il faut suivre le fil d’un produit tout au long de sa vie, depuis le champ de coton ou le dos d’un mouton jusqu’à votre penderie, puis au-delà.

Prenons d’abord la question des matières premières. La fast fashion recourt massivement à des fibres synthétiques issues du pétrole (polyester, acrylique, polyamide), peu coûteuses à produire mais très polluantes : elles émettent beaucoup de CO₂ et libèrent des microplastiques dans les océans à chaque lavage. Elle utilise aussi du coton conventionnel, gourmand en eau et en pesticides. La slow fashion, elle, privilégie des alternatives plus vertueuses : coton biologique, lin, chanvre, lyocell, laine locale, fibres recyclées. Lorsque ces matières ne sont pas biosourcées, elles proviennent de recyclage ou d’upcycling, ce qui limite l’extraction de nouvelles ressources.

Vient ensuite la fabrication. Produire dans des usines alimentées au charbon, avec des procédés de teinture très chimiques et sans traitement des eaux usées, n’a rien à voir avec une production dans des ateliers plus proches, utilisant des énergies moins carbonées et des procédés encadrés. La slow fashion défend une fabrication plus sobre en énergie, plus respectueuse de l’eau et de l’air, et cherche à relocaliser au maximum les étapes de transformation. Des marques choisissent par exemple de tout produire en France ou en Europe, ce qui réduit aussi les émissions liées au transport.

Sur le plan social, l’enjeu est tout aussi crucial. Les scandales répétés dans les usines de fast fashion ont montré les conséquences d’une pression extrême sur les coûts : conditions de travail dangereuses, horaires interminables, salaires de misère. En remettant l’humain au centre, la slow fashion s’aligne davantage sur les principes portés par l’Organisation internationale du travail : travail décent, liberté syndicale, absence de travail forcé ou d’exploitation des enfants.

Une autre dimension souvent sous-estimée concerne la fin de vie des vêtements. Dans le modèle rapide, les invendus sont brûlés ou enfouis, les pièces abîmées finissent à la poubelle, et très peu de textiles sont effectivement recyclés. La slow fashion, elle, anticipe cette étape dès la phase de design : choisir des matières mono-fibre plus faciles à recycler, proposer des coupes réparables, accompagner les clients vers la réparation et la réparabilité, mettre en place des systèmes de reprise des anciens vêtements.

Des bénéfices concrets pour la planète… et pour vous

Ces principes peuvent sembler abstraits, mais leurs effets sont très concrets. Un vêtement de qualité, bien entretenu, porté longtemps, a un impact climatique bien moindre que plusieurs pièces achetées puis rapidement jetées. Allonger l’usage d’un vêtement de neuf mois seulement permettrait déjà de réduire significativement son empreinte carbone, sa consommation d’eau et la quantité de déchets générés.

Pour vous, cela signifie moins d’achats impulsifs, mais plus de satisfaction à chaque usage. Une garde-robe plus cohérente, plus facile à associer, moins encombrée. Et, à terme, souvent des économies : investir dans un bon manteau que l’on portera dix hivers revient moins cher que d’en racheter un bas de gamme tous les deux ans. La slow fashion propose donc un équilibre nouveau entre plaisir, responsabilité et budget.

Voici quelques leviers concrets par lesquels la slow fashion agit sur la réduction des déchets et la protection de l’environnement :

  • Allongement de la durée de vie des produits grâce à une meilleure qualité et à la possibilité de les réparer.
  • Moins de collections et de volumes, ce qui limite la surproduction et les invendus détruits.
  • Développement de la seconde main et de la location, qui optimise l’usage de chaque pièce.
  • Intégration de filières de recyclage, comme le recyclage textile et le recyclage en boucle fermée des fibres.
  • Choix de matières moins polluantes et de procédés de teinture plus propres.

Sur le plan humain, soutenir une marque slow fashion, c’est aussi soutenir des emplois plus qualifiés, plus stables, souvent ancrés localement. C’est permettre à des artisans de vivre de leurs savoir-faire, à des ateliers de se transmettre de génération en génération, à des territoires de reconquérir une identité textile parfois perdue. La durabilité ne se mesure donc pas uniquement en tonnes de CO₂ évitées, mais aussi en qualité de vie et en justice sociale.

En définitive, la slow fashion montre qu’il est possible de s’habiller sans renoncer ni à l’esthétique ni au confort, tout en inscrivant ce geste quotidien dans une dynamique plus large de protection du vivant. Elle transforme un acte banal – acheter un tee-shirt, un jean, une robe – en acte porteur de sens.

La slow fashion au quotidien : consommation responsable, gestes simples et marques inspirantes

Une question revient souvent : comment faire, concrètement, pour intégrer la slow fashion dans son quotidien ? Il n’est pas nécessaire de tout changer du jour au lendemain ni de vider ses placards pour les remplir de pièces éthiques. La transformation commence par de petits gestes, accessibles, qui s’additionnent.

La première étape, la plus puissante, consiste à ralentir. Avant chaque achat, se poser quelques questions simples : en ai-vous vraiment besoin ? Avez-vous déjà quelque chose de similaire ? Pouvez-vous l’emprunter, le louer, l’acheter de seconde main ? Ce temps de réflexion permet souvent d’éviter les achats impulsifs qui finissent oubliés au fond d’un tiroir.

La seconde étape touche à l’entretien. Laver moins souvent, à basse température, privilégier le séchage à l’air libre, éviter le sèche-linge, protéger les pièces fragiles dans des filets… Ces gestes prolongent considérablement la durée de vie des vêtements et limitent les émissions de microfibres dans l’eau. Prendre soin de ses pièces, c’est déjà faire acte de slow fashion.

Vient ensuite la réparation. Un trou dans un pull, un zip cassé, un ourlet qui se défait ne devraient plus être synonymes de poubelle. De nombreuses villes voient renaître des ateliers de retouche, des cafés-couture, des ateliers de réparation collaboratifs. Apprendre quelques bases – recoudre un bouton, faire un point invisible, utiliser un kit de raccommodage – donne une autonomie précieuse et un sentiment de fierté.

Le choix des marques compte aussi. Sans viser la perfection, vous pouvez privilégier celles qui partagent clairement leurs engagements, leurs lieux de production, leurs matières, leurs labels. Sur Cortika, des ressources comme la page dédiée à la consommation slow fashion ou le comparatif slow fashion vs fast fashion permettent de mieux décrypter ces informations et d’éviter les pièges du greenwashing.

Des marques et pratiques qui incarnent la slow fashion

Pour donner chair à ces principes, il suffit d’observer quelques initiatives emblématiques. Certaines marques ne produisent que sur commande ou en précommande, afin d’éviter les stocks inutiles. D’autres utilisent uniquement des matières locales, comme le lin européen ou la laine française, et relocalisent la confection dans des ateliers de proximité.

Des créateurs transforment des déchets textiles en pièces uniques : sacs réalisés à partir de toiles de voiliers, vestes confectionnées dans d’anciens rideaux, bijoux fabriqués à partir de chutes de cuir ou de métal. Ces projets d’upcycling montrent que la créativité est un allié puissant de la réduction des déchets. Ils posent une question stimulante : et si la ressource de demain, c’était ce que l’on jette aujourd’hui ?

Pour vous guider dans cette transition, voici une série de gestes concrets, à adapter à votre rythme :

  • Faire l’inventaire de votre dressing pour redécouvrir les pièces que vous possédez déjà.
  • Créer une garde-robe capsule avec quelques basiques intemporels que vous adorez porter.
  • Privilégier la seconde main pour les vêtements que vous porterez peu souvent.
  • Apprendre une compétence liée à l’entretien : repriser, détacher, recoudre.
  • Se fixer une règle simple, comme « une entrée = une sortie » dans le dressing.

Pour aller plus loin, les tendances de la slow fashion à venir, analysées par Cortika dans les perspectives slow fashion 2026, montrent que ces pratiques vont continuer à se développer : personnalisation, location de vêtements du quotidien, plateformes locales d’échanges, transparence renforcée sur les chaînes d’approvisionnement.

Adopter ces gestes ne signifie pas renoncer au plaisir de la mode. Au contraire, beaucoup de personnes témoignent d’un rapport plus joyeux et plus apaisé à leurs vêtements une fois qu’elles ont réduit les achats impulsifs. Elles se sentent plus alignées, plus créatives, moins dépendantes des injonctions de tendances éphémères. C’est peut-être là l’un des plus beaux bénéfices de la slow fashion : redonner de la liberté à travers une forme de sobriété choisie.

La slow fashion est-elle réservée à ceux qui ont un gros budget ?

Pas nécessairement. Les vêtements neufs issus de marques slow peuvent être plus chers à l’achat, car ils reflètent des coûts de production plus justes. Mais la slow fashion inclut aussi la seconde main, la réparation, l’échange et le DIY, qui sont souvent économiques. L’essentiel est de réduire le nombre d’achats impulsifs et de prolonger la durée de vie de ce que vous possédez déjà.

Comment reconnaître une vraie marque de slow fashion ?

Une marque cohérente détaille ses lieux de production, ses partenaires, ses matières premières et ses labels. Elle explique ses prix et ne pousse pas à acheter en permanence. Méfiez-vous des collections ‘green’ isolées dans des enseignes qui continuent par ailleurs à produire à très grande échelle : c’est souvent du greenwashing.

Faut-il jeter tous ses vêtements de fast fashion pour être cohérent ?

Non. La solution la plus responsable est d’abord de porter ces vêtements le plus longtemps possible, de les réparer et, si vous ne les portez plus, de les donner, de les revendre ou de les transformer. La slow fashion ne demande pas de repartir de zéro, mais de faire évoluer progressivement vos habitudes.

La slow fashion concerne-t-elle aussi les accessoires et la déco ?

Oui. La même logique s’applique aux sacs, chaussures, bijoux, lunettes, mais aussi au linge de maison et à certains objets de décoration. Choisir des pièces durables, réparables, parfois issues de l’artisanat local, s’inscrit pleinement dans une démarche de mode éthique et de consommation responsable.

Par où commencer si l’on se sent dépassé par le sujet ?

Commencez par un seul geste cette semaine : réparer un vêtement au lieu de le jeter, éviter un achat impulsif, ou vous informer grâce à des ressources pédagogiques comme les dossiers de Cortika sur la slow fashion et la mode durable. L’important est d’avancer étape par étape, sans pression ni culpabilité.

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