Paris Good Fashion remet les citoyennes et citoyens au centre du jeu. Avec une nouvelle consultation mondiale organisée avec Make.org et une coalition de grandes enseignes, l’objectif est clair : transformer la mode durable en véritable objet de désir, sans sacrifier ni le style, ni le prix, ni le plaisir de s’habiller. Ce sont les usages, les envies et les freins du quotidien qui sont interrogés, pour faire émerger des solutions actionnables au sein de l’industrie de la mode.
Six ans après une première mobilisation qui avait rassemblé plus de 100 000 participants et accéléré des changements concrets (réemploi des cintres, colis réutilisables, montée en puissance de la seconde main), cette nouvelle étape élargit l’ambition : France, Italie, Royaume-Uni et États-Unis sont désormais concernés. Proposer une idée en 140 caractères, voter, relayer la démarche : chacun peut contribuer à redéfinir la mode éthique comme un réflexe de consommation responsable, capable de réduire l’impact environnemental tout en nourrissant l’envie. Le message envoyé au secteur est limpide : la soutenabilité n’est plus un supplément d’âme, c’est un critère de désir.
Paris Good Fashion et la consultation citoyenne, un laboratoire pour la mode durable
Derrière cette nouvelle consultation mondiale, il y a une conviction forte : sans écoute active des publics, la transition de la mode durable reste théorique. Paris Good Fashion s’appuie sur Make.org pour orchestrer une plateforme massive de participation où des milliers de micro-idées, de votes et de réactions se transforment en tendances robustes. C’est précisément ce qui avait rendu la première édition si structurante pour le secteur.
À l’époque, une question guidaient les échanges : comment agir collectivement pour une mode plus responsable. Les réponses avaient fait émerger des priorités très concrètes : réduction des cintres et polybags à usage unique, test de colis réutilisables, meilleure mise en avant des matières premières responsables, montée en puissance de la seconde main. Les marques partenaires avaient ensuite transformé ces attentes en plans d’action, prouvant qu’un dispositif participatif pouvait réellement peser sur les choix d’innovation textile et logistique.
Ce nouveau cycle conserve le même ADN, mais déplace le centre de gravité : il ne s’agit plus seulement d’identifier les chantiers techniques de développement durable, mais de comprendre ce qui ferait, pour vous, de la mode éthique une évidence désirée. Autrement dit, comment passer d’un discours moral à une promesse inspirante de style et de plaisir.
De la réduction des déchets à la désirabilité de la mode éthique
Les résultats de la première vague ont agi comme un signal fort : les citoyens ne demandent pas uniquement des engagements symboliques, mais des changements concrets dans l’infrastructure de l’industrie de la mode. La réduction des emballages à usage unique, la gestion des cintres et polybags, ou encore la promotion de matières moins impactantes ont montré que le terrain était prêt pour des transformations profondes, mais aussi que ces chantiers restaient assez invisibles pour le grand public.
La nouvelle question posée, centrée sur le fait de donner envie de s’habiller éthique et durable, désigne un enjeu plus culturel : comment faire rimer éco-responsabilité, style et désir. Les acteurs impliqués savent que, sans cette bascule, la soutenabilité restera perçue comme une contrainte. L’ambition est de faire naître des pistes qui transforment la mode responsable en expérience attractive : storytelling plus fort, collections désirables, nouveaux services, transparence ludique, nouveaux modèles de location ou de seconde main augmentée.
Au cœur de cette dynamique, les marques partenaires se saisissent des attentes citoyennes pour orienter leur design, leurs achats de matières, leurs modèles économiques. Les priorités qui sortiront du vote ne seront pas des vœux pieux : elles serviront de feuille de route opérationnelle aux directions RSE, aux équipes produit et aux équipes retail.
Pourquoi relancer une consultation mondiale sur la mode durable maintenant
Dans un contexte où la régulation européenne se durcit sur l’impact environnemental du textile et où les controverses sur le greenwashing se multiplient, relancer une consultation mondiale apparaît comme un moyen de remettre de la clarté dans le débat. Entre les discours marketing, les labels multiples et les promesses parfois floues, beaucoup de consommateurs peinent encore à trier les signaux vraiment fiables.
La démarche portée par Paris Good Fashion et Make.org repose sur un principe inverse : plutôt que d’imposer un récit top-down, elle agrège des milliers de vécus, de frustrations et d’idées très concrètes. Ce matériau permet ensuite de hiérarchiser les attentes réelles en matière de mode durable et d’éviter les priorités déconnectées du terrain. C’est une manière d’ancrer le développement durable dans les pratiques plutôt que dans le seul discours.
Les dates structurent d’ailleurs un véritable rythme de transformation : ouverture mi-février, phase de propositions et de votes sur plusieurs semaines, clôture puis restitution publique des résultats pendant l’été. L’idée est de laisser le temps à la mobilisation de monter, mais aussi de s’assurer qu’un travail d’analyse solide soit mené, avec l’appui de sociologues, avant toute annonce d’actions prioritaires.
Une dimension internationale pour capter la diversité des usages
L’une des grandes nouveautés de cette édition est l’extension de la consultation à l’Italie, au Royaume-Uni et aux États-Unis, en plus de la France. Cette ouverture internationale permet de comparer des approches culturelles différentes de la consommation responsable : l’attachement au luxe durable à Paris, l’intensité de la seconde main dans les grandes villes britanniques, ou encore la force des communautés engagées autour de la mode circulaire à New York.
Cette diversité est stratégique pour l’industrie de la mode, structurée autour de groupes globaux qui pilotent des marques multi-pays. Un même groupe peut ainsi tester, par exemple, un service de réparation ou de revente interne sur plusieurs marchés, en s’appuyant sur des attentes citoyennes fines, pays par pays. Les résultats de la consultation faciliteront ce type de déploiement coordonné, en évitant les idées reçues sur ce que serait une « cliente type » de la mode éthique.
Pour les lecteurs qui souhaitent replacer cette initiative dans le panorama plus large des transformations du secteur, des analyses récentes sur la mode d’avenir durable ou sur les actions prioritaires de la mode durable montrent bien à quel point cette dimension internationale devient incontournable pour faire évoluer l’ensemble de la chaîne de valeur.
Comment fonctionne concrètement la consultation Paris Good Fashion
La mécanique retenue privilégie la simplicité : chaque participant est invité à proposer des idées courtes, limitées à 140 caractères, et à voter pour celles des autres. Ce format oblige à aller à l’essentiel et facilite la lecture en diagonale, tout en permettant de traiter un nombre très important de contributions. Les algorithmes de Make.org se chargent ensuite d’identifier les convergences, les controverses et les signaux faibles.
Les propositions peuvent couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur, des matières à la fin de vie des produits. Une idée peut porter sur l’affichage d’un score environnemental plus lisible en boutique, une autre sur des programmes de reprise en magasin, une troisième sur la création de lignes capsules ultra-désirables en fibres recyclées. Le cadrage est volontairement large, tant que l’objectif reste de rendre la mode durable plus attractive, plus intuitive et plus accessible.
Une fois la phase de vote terminée, les contributions les mieux soutenues sont analysées avec l’aide de spécialistes des usages et de la sociologie de la consommation. Le but est d’identifier non seulement les idées « stars », mais aussi les grandes thématiques de fond : transparence, prix, esthétique, expérience en magasin, services post-achat, engagement social, etc. Ces axes servent ensuite de base à des plans d’action co-construits avec les marques participantes.
Des acteurs majeurs mobilisés sur la mode éthique et la soutenabilité
La force du dispositif tient aussi à la diversité des partenaires rassemblés autour de Paris Good Fashion : groupes de lingerie, grands magasins, enseignes familiales de chaussures, maisons de luxe, acteurs du mass market. Chacun arrive avec ses contraintes industrielles, ses marges de manœuvre économiques et ses canaux de diffusion, mais tous partagent le même enjeu : concilier désir de mode, soutenabilité et rentabilité.
Cette configuration est particulièrement intéressante du point de vue de l’innovation textile. Les priorités citoyennes peuvent par exemple inciter une enseigne à accélérer sur des fibres alternatives à moindre impact environnemental, ou pousser un grand magasin à renforcer ses corners seconde main et réparation. Elles peuvent aussi encourager des maisons plus premium à documenter davantage l’origine des matières ou leurs pratiques sociales, pour nourrir la confiance autour de leur mode éthique.
Pour suivre et comprendre ces mouvements de fond, le lexique de la mode durable et les analyses consacrées à la démarche Paris Good Fashion offrent un bon complément : ils permettent de replacer cette consultation dans une trajectoire plus large de transformation du secteur, où les innovations ne se jouent pas seulement dans les labos mais aussi dans le dialogue avec les usagers.

Je veille sur les nouvelles technologies et pratiques dans le milieu de la mode durable. Je décrypte pour mes lecteurs les tendances et les éclaire sur les technologies de rupture qui façonneront demain.










